L'Assemblée générale de l'ONU condamne le blocus étasunien - l'unité européenne est rompue.

UNO vote Cuban Resolution 28 10 26

Mercredi 28 octobre 2026, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté pour la 34e fois consécutive la résolution présentée par Cuba contre le blocus des Ètats-Unis : 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions. Le nombre de voix contre et d’abstentions est remarquable. Il y a deux ans, en 2023, 187 pays avaient encore voté en faveur de la résolution cubaine, avec pour seules voix contre celles des États-Unis eux-mêmes et d’Israël. L'augmentation du nombre de votes contre et d'abstentions montre clairement l'ampleur de la pression exercée par les États-Unis sur un certain nombre de pays.
Les États-Unis font pression sur leurs « alliés »
Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump met tout en œuvre pour rétablir l’hégémonie américaine en déclin et contraindre les autres pays à se plier à la volonté des États-Unis. Au cours des semaines qui ont précédé le vote, le gouvernement américain a mobilisé de hauts fonctionnaires pour influencer différents pays. Bruno Rodriguez, le ministre cubain des Affaires étrangères, a déclaré que ces pressions consisteraient notamment en des menaces d’imposition de droits de douane, de suspension de programmes de coopération internationale, de refus de visas aux fonctionnaires du gouvernement, ainsi qu’en d’autres mesures de nature politique.
L'unité européenne mise à mal
Compte tenu des changements politiques survenus sur le continent latino-américain, il n'est pas surprenant que des pays comme la Colombie, le Paraguay, l'Argentine, l'Équateur et le Costa Rica se soient ralliés aux États-Unis et aient voté contre la résolution. Le Chili, le Honduras et le Pérou, dont les chefs d'État nouvellement nommés entretiennent de bonnes relations avec le président Trump et qui avaient voté pour l'année dernière, se sont abstenus cette fois-ci.
Ce qui doit nous inquiéter, en tant que citoyens de l'UE, c'est le fait que des pays comme l'Allemagne, l'Italie et la Lettonie se soient abstenus lors du vote pour la première fois en 34 ans. Cela signifie que l'unité au sein de l'Union européenne, qui devait permettre de condamner d'une seule voix le blocus américain contre Cuba, a subi un coup dur. 
La population cubaine en fait les frais
Mais comme par le passé, cette condamnation du blocus ne persuadera pas les États-Unis d'assouplir leur emprise sur Cuba, et encore moins de la lever. Pendant ce temps, les Cubains souffrent. Le blocus est responsable de la faim et de la pénurie de produits de première nécessité. Il entrave le développement de l’économie. Il coûte de plus en plus de vies humaines, victimes de cette punition collective. Les pénuries de carburant entraînent des coupures de courant gênantes, mais ont également des répercussions sur l’approvisionnement en eau.  Le 23 octobre 2026, 2,7 millions de personnes se sont retrouvées sans eau, principalement en raison de coupures d’électricité et de pannes au niveau des sources d’approvisionnement. Une rupture sur une conduite principale de Cuenca Sur, le principal fournisseur d’eau de La Havane, a eu un impact « très important » sur l’approvisionnement en eau de plus de 200 000 habitants de trois communes de la capitale cubaine.