L'administration Trump semble mener une politique à deux volets à l'égard de Cuba. D'une part, tout cet arsenal de sanctions prive le gouvernement cubain des moyens nécessaires pour garantir les besoins fondamentaux de la population. D'autre part, les États-Unis se posent en principal fournisseur des entrepreneurs privés cubains, renforçant ainsi la dépendance financière de Cuba vis-à-vis des États-Unis.
De nouvelles sanctions viennent contrecarrer les plans du gouvernement cubain
Le 29 septembre, les États-Unis ont annoncé un nouveau durcissement des sanctions à l'encontre de Cuba. De nouvelles restrictions s'appliqueront aux transactions financières liées à l'île, y compris celles concernant le secteur privé cubain. Ces sanctions interdisent toute transaction financière «indirecte» avec des personnes, des entreprises et des institutions ayant des liens avec les services de sécurité cubains et le consortium Gaesa, lié à l’armée. Les États-Unis suppriment également les transactions dites « en U ». Celles-ci permettaient aux banques américaines d’effectuer des transactions avec Cuba à condition que l’origine et la destination du paiement se situent toutes deux en dehors des États-Unis et qu’aucun citoyen américain ne soit impliqué. L’autorisation accordée aux banques étatsuniennes « d’ouvrir et de gérer des comptes au nom d’un citoyen cubain exerçant une activité indépendante dans le secteur privé » est également supprimée. L’accès au système bancaire américain pour les entrepreneurs du secteur privé avait été autorisé en 2024 sous la présidence de Joe Biden (2021-2025) afin de soutenir le secteur privé naissant sur l’île. Ces nouvelles mesures confirment les déclarations de Rubio selon lesquelles les États-Unis prendront de nouvelles mesures pour contrecarrer le gouvernement cubain, ce qui entraînera des privations insupportables pour le peuple cubain.
Rendre Cuba dépendante des États-Unis
L'agence Bloomberg voit un autre aspect de la stratégie de Rubio, à savoir rendre Cuba financièrement dépendante des États-Unis. Le gouvernement Trump autorise davantage d'échanges commerciaux avec le secteur privé de l’île en plein essor. Ainsi, les États-Unis autorisent désormais les entrepreneurs privés cubains à importer de l'essence en provenance des États-Unis, alors que les livraisons par pétrolier sont soumises à des sanctions. De cette manière, les États-Unis souhaitent évincer le gouvernement cubain de sa position de principal fournisseur de biens et de services dans le pays.
Depuis mai 2026, le transport de conteneurs vers Cuba est pratiquement à l'arrêt en raison du décret présidentiel n° 14404 du 1er mai 2026. CMA CGM et Hapag-Lloyd, qui représentent à elles deux 60 % du trafic maritime mondial avec Cuba, ont confirmé avoir suspendu les nouvelles réservations à destination et en provenance de Cuba en raison du risque de non-respect des sanctions. Dans le même temps, Bloomberg fait état d'une hausse spectaculaire du trafic maritime vers Cuba au départ des ports étatsuniens. « Fin août, la flotte étatsunienne avait transporté près de 720 millions de livres de marchandises vers Cuba depuis Miami, Houston, La Nouvelle-Orléans, Jacksonville, Wilmington et d’autres ports. Les données du recensement des États-Unis montrent que les exportations vers Cuba ont augmenté de 60 % jusqu’en juillet par rapport à la même période l’année dernière et qu’elles sont supérieures à celles de toute l’année 2024. » L’UPI confirme que Les États-Unis resteront le premier fournisseur de Cuba jusqu'en juillet 2026 et rapporte ce qui suit : « Il y a à peine trois ans, les États-Unis occupaient la dixième place parmi les partenaires commerciaux de Cuba. »
Mais il semble que ces deux axes de la politique étatsunienne s'opposent parfois, car ce nouveau paquet de sanctions touche principalement le secteur privé cubain.
https://www.hln.be/buitenland/vs-verstrengen-sancties-tegen-cuba~a6389b9d/